«Je suis agent de bord.» Sourcils relevés: «De bar?». «Non, de bord.»
Sourire incertain. Je lâche enfin le morceau: «Hôtesse de l'air». Ah!

28.11.11

Deutschland

Gare centrale - Bremen

Je retiendrai de l'Allemagne:

- Les mots Entschuldigung (excusez-moi), Bitte (svp), Danke (merci), Prost (santé), Hallo (hello). Je sais compter jusqu'à 2: eins (1), zwei (2). Ein Beck's, bitte? Zwei Glühwein, bitte? Pratique.

- La bière et spécialement la Beck's, même si ce n'est pas la meilleure.

- S'asseoir dehors pour manger et boire, même s'il fait froid. À mon détriment. Parce que je suis frileuse.

- Les très longues saucisses dans un mini pain.

- Les vélos partout.

- Les transports publics: U-Bahn (underground) et S-Bahn (surface). Le même train sert de métro et de tram. Également, un réseau très étendu de trains régionaux, nationaux et internationaux.

- Les "Kiosk". L'équivalent de nos dépanneurs. Il y en a partout. Souvent, on ne peut pas rentrer. Il y a une fenêtre et on demande ce qu'on veut. C'est plus compliqué quand on ne parle pas allemand. Toutes les langues qu'on connaît sortent en même temps: espagnol, français, anglais, mélangés à "eins/bitte/danke". Beau beau beau.

- Les cornichons. Je ne comprends pas pourquoi je n'ai pas fait encore d'intoxication. Un pot aux deux jours pendant un mois.

- Les produits qui ne coûtent pas cher comme le fromage, le vin, le beurre, les confitures, toutes sortes de pains, etc. Mais je pense que c'est propre à l'Europe en général.

- Le vin chaud! Glühwein!

- La passion pour Noël et les Kerstmarkten (marchés de Noël).

- Le fait que tout le monde a de beaux souliers.

- Le Marzipan et les Brezel, les coeurs en pain d'épices, les pains de toutes sortes.

Centre historique - Hannover
- Les enfants. Tout le monde a des enfants.

- Les Friseur (coiffeurs) et les Apotheken (pharmacies).

- Les nombreux contrôles dans les transports en commun.

- Une forte concentration de blonds aux yeux bleus.

- Le Café Bar Lieblings à Hannover.

- Les restaurants turcs. On a les gyros pitas, ils ont les "döner". Partout partout. C'est leur fast-food. Au lieu d'un pain pita, on sert le boeuf ou le poulet dans un pain épais en forme de demi-lune. 

- Attendre le feu rouge avant de traverser. Pas toujours, mais très souvent. Les Allemands sont assez disciplinés!

- Les warm legs.

- Le fait que quand on demande à un Allemand s'il parle anglais, il répond invariablement "a little bit" alors qu'il parle anglais mieux que vous. 

Mercredi, je prends le train de nuit pour Paris. Je vais essayer d'attraper le vol pour Montréal jeudi matin. Sinon, ce sera vendredi.

Qui a dit "Don't cry because it's over. Smile because it happened"?

18.11.11

Hamburg

Hamburg. On est arrivé vers midi samedi et on est parti vers 17h dimanche... sauf qu'on s'est levé à 15h30... parce qu'on s'est couché à 6h du matin. Ah!

Hamburg est une des villes d'Allemagne qui a le plus été détruite au cours de la Deuxième Guerre mondiale. En 1943, un incendie a dévasté la ville après un bombardement des Britanniques et 40 000 civils ont été tués. Cette mission avait pour but de démoraliser les Allemands. Les prisonniers de la Neuengamme centration camp ont été forcé de déblayer les débris et d'enterrer les cadavres. 

On est monté dans la tour de l'ancienne église St. Nikolai qui est maintenant un mémorial dédié aux victimes de la Deuxième Guerre. L'église, construite en 1195, a été détruite dans un premier grand incendie en 1842. Elle a été reconstruite dans le style néo-gothique, mais aujourd'hui, seule la tour principale demeure. Un ascenseur permet d'accéder au haut de la tour et il est possible d'admirer la ville en panoramique. C'est là que j'ai échappé ma caméra par terre et qu'elle s'est éteinte en affichant un écran vert... Crap... Une chance, elle s'est remise à fonctionner une fois que j'ai enlevé et remis a batterie!



On a visité l'église St-Michel, construite au 18ème siècle. Toute blanche à l'intérieur, aérée, avec un jubé. Pas du tout le style en croix que l'on connaît. Plus comme un immense triangle inversé. Spécial. Ensuite, pour se réchauffer, on a bu du vin chaud en face de l'hôtel de ville qui malheureusement, était fermé aux visites ce jour-là. L'effervescence du marché de Noël commençait à se faire sentir. Sur la place, on en était à préparer un énorme sapin, à bâtir des cabanes de bois et à installer les lumières. On a marché sur le bord du lac Binnenalster puis on a suivi son canal jusqu'au Norderelbe qui lui-même se jette dans l'Elbe qui se jette plus tard dans la mer du Nord. Le port est superbe, surtout quand le soleil se couche. On est allé prendre un verre dans un restaurant vitré qui donne vue sur l'eau.

Vous vous souvenez de Malin, ma coloc de Vancouver? Et bien, elle est revenue en Allemagne après plus d'un an à voyager et étudier et on s'est tous retrouvé ce soir-là. Sergio, Malin, Kim la soeur de Malin et moi. Aïe aïe aïe... Aïe aïe aïe aïe aïe... Hum... Elle nous a donné rendez-vous au Dom qui est une grande foire qui se tient trois fois par année à Hamburg. Comme une Ronde géante avec des lumières partout, des bars, de la bouffe et des manèges hallucinants. On entend crier non stop et la vitesse des manèges fait un bruit de fond permanent: froum! frouuum! On s'est promené à travers la foule pendant qu'on faisait un catch up de la dernière année. Bien sûr, on s'est arrêté pour boire 2-3 verres de vin chaud sous une lampe chauffante. C'est ce qui me surprend le plus des Allemands. Il fait frette taboire, même température que chez nous, mais ils continuent à boire leur bière/café et manger leur tartine sur une terrasse. Pas nécessairement chauffée. C'est comme ça. Le froid n'a pas l'air à être un facteur déterminant pour les empêcher de faire leurs activités comme ils les font à l'année longue. Tant mieux!

Après 2-3 verres de vin chaud et une envie de pipi pressante (0,50 sous à une Madame Pipi et l'affaire était réglée. Oh! Autre chose surprenante ici: les toilettes publiques sont toujours propres. Même celles dans une foire aussi fréquentée que celle-ci. Je n'aime pas les Madame Pipi, ça m'insulte, mais je dois dire que la propreté de la plupart des toilettes leur revient.), on est parti pour la grande aventure de la Kietz. Bon. Je n'arrive pas à la trouver sur la map alors je ne sais plus si c'est une rue ou une zone. Bref, c'est une partie de la ville que tu ne connais pas quand t'es touriste d'un jour. On a vu Hamburg la belle et douce, on a ensuite connu Hamburg la trash. Tout plein de bars. Une foule. Les gens boivent dehors et c'est encore permis de fumer dans beaucoup de bars. Et il y a le fameux red light. La prostitution ici est légalisée. Une ruelle est cachée entre deux panneaux. Ne s'y aventurent que les garçons. Gare à vous si vous êtes une fille qui avez envie de fouiner. Les aventurières reçoivent des pots de pisse chaude à la tête par ces dames qui n'aiment pas les curieuses. On a poussé Sergio a traverser la zone. Il est ressorti 2-3 minutes plus tard, amusé: "Yeah. Girls. For everyone, any taste."

A commencé la tournée des bars. Probablement 3-4. Malin nous a fourni en "Mexicano", un shooter de liqueur allemande additionnée de tabasco, autres épices et jus de tomate. Show live dans un pub. Baby foot dans l'autre. Une salle extérieure dans un 3ème, ambiance trash et graffiti. Je les ai laissé un moment donné parce que j'avais vraiment envie d'une poutine. "Poutine?" Nah. Shit. La poutine devrait se répandre dans le monde entier pour les "après 3h". C'est trop satisfaisant.  Des frites, alors. Malin m'a rejointe et a commandé un deuxième cornet. On a pris un taxi même si le transport en commun (métro compris) roule toute la nuit les fins de semaine. Trop ivres pour attendre. On avait prévu continuer notre visite le lendemain, mais on s'est levé trop tard. On a pris le train pour Hannover vers 18h. Lena, une amie que Sergio a rencontré à Vancouver, mais qui habite Hannover, était aussi à Hamburg pour le week-end. On est revenu avec elle. J'ai dormi tout le long, étendue sur la banquette. Lena m'a couverte de son manteau et m'a mis ses gants parce que j'avais froid. Puis elle a aidé Sergio à réviser son allemand alors que je me faisais bercer par le roulis du train.

Demain: Bremen!

11.11.11

Berlin

Gare centrale - Berlin


Ok. Berlin. Étendue. Éclectique. Disparate. J'ai de la difficulté à décrire l'impression que j'en ai eu. Je m'attendais à autre chose. Une ville folle, avant-gardiste. Je ne sais pas pourquoi. J'ai découvert une ville tranquille. Très. Peut-être est-ce la saison? Où se cache le cœur de Berlin? Il me faudrait un Berlinois pour me montrer ses secrets. Les secrets de la ville, j'entends. Oh! ce qu'elle a souffert, cette ville! On a l'impression que c'est la raison de sa tranquillité maintenant. Oui, elle est belle. De grands monuments majestueux. D'énormes statues. Un sentiment de grandeur.

Notre appartement, très bien situé dans Berlin Est, nous menait à Alexanderplatz en 15 minutes de marche. Et on a marché pendant ces 6 jours! On a visité deux mémoriaux dédiés au Mur. Des vestiges? On n'en a pas vus. Tout a été détruit. On a voulu l'effacer, le détruire ce mur qui a déchiré une population. De longues tiges de métal ou des panneaux de bois reproduisent l'ancien tracé en deux-trois endroits de la ville. Beaucoup de morts chez les Berlinois de l'est qui voulaient partir à l'ouest. Les gardes soviétiques de l'est avaient ordre de tirer sur ceux qui tentaient une "évasion". Le mur s'est renforcé au fil des années: des dispositifs anti-char ont été posé afin d'empêcher un véhicule de le défoncer, des filets avec des pics de métal empêchaient une traversée à la nage, des mitraillettes automatiques lançaient des centaines de petits projectiles mortels sur les fuyards. Ça n'a pas empêché des dizaines de personnes imaginatives de traverser cachées dans un coffre de voiture, en canoe, dans un caddy, dans deux valises assemblées, en avion, avec une échelle, par des tunnels, etc. Le musée Checkpoint Charlie vaut le détour à ce sujet.

Checkpoint Charlie


On est monté dans le dôme du Reichstag (le parlement), pour une vue en hauteur sur la ville. Le tour en bateau sur le canal Landwehr vaut également les 8,50 Euros investis.On s'est beaucoup promené: sur l'Île des Musées, le mémorial dédié aux Juifs d'Europe, la Colonne de la Victoire, les synagogues, les églises, dans un centre culturel underground, etc. 

On a aussi testé avec délice la permission (comme partout en Europe...?) de boire dans la rue. Chacun une bière pour la route, hop! Et ensuite devoir payer la Madame Pipi dans un café pour évacuer le tout, ahah! 

J'ai vécu une expérience culinaire désastreuse. J'ai goûté à une spécialité berlinoise et... ouh la la... Deux épaisses tranches de viande - froides - composées de dizaines de petits morceaux caoutchouteux et gélatineux. Ça me roulait dans la bouche. Avec des patates rissolées, très bonnes, mais trop graisseuses pour faire un contraste me permettant d'apprécier. Sergio a mangé un des deux morceaux pour m'aider, mais il n'a pas trouvé ça fameux non plus. En plus, j'ai été malade toute la semaine, un méchant gros rhume avec des attaques de toux qui m'ont empêché de dormir. Je commence à aller mieux, mais là, c'est Sergio qui est malade...

Bientôt d'autres nouvelles de Hamburg et Hannover!

Tschüss!

3.11.11

Paris :: 2 novembre 2011

J'ai eu chaud! Quand je suis arrivée au comptoir hier pour m'enregistrer sur mon vol Montréal / Paris, il était déjà plein. 3h à l'avance. Chiasse. J'ai attendu en priant je sais pas qui pour qu'un passager se désiste. Mon voeu a été exaucé. 16 passagers ne se sont pas présentés. 

Oui, pour ceux qui ne savent pas encore, je suis agent de bord depuis maintenant 7 mois. "Hôtesse de l'air" comme disent les Européens. Quand je dis "agent de bord", ils comprennent agent de bar. Ah, l'accent. Hilarant.

Mais là, je suis déçue. Je suis entrée dans la première place WI-FI que je connaissais, soit un Mc Do. Hum. Pour prévenir mon ami Sergio qui m'attend à Berlin ce soir de ne pas m'attendre. Parce que maudit, le Thalys Paris / Francfurt / Berlin est plein. En fait non, il n'est pas plein. Mais il n'y a plus de place pour les gens comme moi qui ont des passes Eurail. Seuls quelques sièges sont réservés dans le train pour ce type de passe. Alors même s'il reste 100 places, il n'en ont rien à foutre.

- "Ben, fallait réserver à l'avance, alors." 
- "Je ne pouvais pas, j'avais un billet d'avion stand-by. Le monsieur à qui j'ai parlé quand j'ai acheté ma passe m'a dit que c'était sûr qu'il allait rester des places, surtout en novembre." 
- "Ils disent tous ça, mais ce n'est pas vrai. En France, c'est problématique parce qu'il n'y a presque pas de sièges réservés pour les gens comme vous qui ont des passes. En Allemagne, vous n'allez pas avoir de problème, ce n'est pas comme ça."
J'ai poussé un soupir de désespoir: "Sûr qu'il ne reste pas une petite place...?"
- "Vous pouvez acheter un billet." 
Ah? Lueur d'espoir. "C'est combien?" Elle pitonne sur son ordinateur, clic-e-clic... le verdict: "250 Euros". Shit. Re-soupir et trépignation. "Il n'y a pas moyen de passer par une autre ville?" "Non, c'est le seul train. Il y a toujours le train de nuit." Maudit!! Il va falloir que je me fasse à l'idée, je ne me rendrai pas à Berlin pour ce soir. Et "the big reunion" avec Sergio (vous vous rappelez? Mon coloc de Vancouver! Oui, il est en Allemagne lui aussi. Ça, c'est une autre histoire, mais c'est avec lui que je voyagerai pendant un mois.) sera encore repoussé de quelques heures. Grrrr...

Ok. Train de nuit. Supplément de 25 Euros. Une couchette au moins. 13 heures de route au lieu de 9. Le train part à 20h20, il est 10h30.

Train de nuit Paris - Berlin, S-Bahn

En plus, j'ai perdu une journée de voyage sur ma passe de train qui en contient quatre et qui m'a coûté 400$. Parce que j'étais sûre de prendre le foutu train, j'ai inscrit la première date de voyage sur ma passe (il faut inscrire chaque date de voyage avant de prendre le train). Mais là, je ne le prendrai pas ce train, en ce jour du 3 novembre 2011. On doit toujours inscrire la date du lendemain pour le train de nuit. Et c'est interdit de faire des ratures ou changement aux dates parce que ça pourrait être considéré comme de la fraude. La madame de la billetterie m'a conseillée d'en parler au contrôleur avant d'embarquer dans le train. Oh monsieur le contrôleur, soyez gentil avec moi, svp?

Bon bon bon. Je vais aller sous la pluie de Paris et cacher mon humeur morose dans une salle sombre de cinéma. Faire du tourisme en marchant avec une valise, c'est pas évident. Allez, faut sourire... C'est ça le voyage: les imprévus!

Ciao ciao!

29.10.11

Toulouse :: Octobre 2011

Il paraît qu’on appelle Toulouse la ville rose, comme on appelle Montréal la ville aux cent clochers. C'est mon amie Mélia qui me l'a dit. Wikipédia m’apprend que c’est à cause du matériau utilisé traditionnellement pour fabriquer les bâtiments, soit la brique de terre cuite. Soit!


École des Beaux-Arts

Qu’il est beau cet accent chantant des Toulousains! 4ème ville de France, Toulouse a une chaleur qui s’attarde et un vent jeune qui se colle à l’âge de ses bâtiments, ses rues, ses ponts, ses églises. Pas étonnant: 41% de sa population a entre 20 et 39 ans.

On loge dans un très bel hôtel de la rue St-Jérôme autour de la Place Occitane. Déjeuner inclus! J’adore. Ça m’empêche d’aller faire l’épicerie pour le lendemain matin. 

J’étais au 3ème étage. Chambre 308. J’ai ouvert la porte et oh, bonheur, une odeur de frais m’a accueillie. De lessive. Pas l’odeur de propre javellisé qui caractérise les chambres d’hôtels, non. Une odeur de lessive maison, de grand vent, de Bounce « fraîcheur matin » si vous voyez ce que je veux dire. Un lit Queen avec tout plein d’oreillers. Une petite table bistro devant une grande fenêtre. Une télé avec chaînes internationales, parfait pour l’insomnie immanquable qui caractérise le métier. Un frigo bien sûr. Le Wi-Fi! Une petite salle de bain avec une douche européenne typique : une demi-vitre empêche l’eau de cracher de la douche au plancher. Pas de rideaux. Pas de porte vitrée complète. Juste une vitre qui s’arrête à la moitié de la longueur du bain.

Je me suis glissée avec délectation sous une douche chaude, très chaude. Assez pour m’engourdir avant de m’endormir. 30 minutes plus tard, je dormais comme une bûche. Ma routine après un vol: me recréer une « nuit » de 3h30/3h45. Toujours, je dors d’un sommeil profond et sans rêves. Quand mon réveil sonne, j’ai l’impression que ça fait seulement 5 minutes que je dors. Quelle sonnerie agressive! Cibole… Je le lancerais au bout de mes bras. Au moins, je suis sûre de me réveiller. Ma hantise : arriver en retard au pick up le matin d’un vol.

Toulouse, à moi! Je suis passée par la réception pour cueillir un plan de la ville. Il était 15h00. 18 degrés. Soleil éclatant. En passant sur la rue du Rempart St-Étienne pour me rendre au grand boulevard, j’ai été arrêté par le fameux marathon municipal. Une fanfare tonnait et acclamait les coureurs qui arrivaient par grappes. 

Comme toujours, je me laisse porter par les voies du hasard. J’ai rencontré la Place du Capitole, point culminant du marathon, avec le Donjon du Capitole, le Théâtre du Capitole et l’ancienne mairie. Une aile de l’ancienne mairie étant ouverte, j’y suis entrée. La Salle des Illustres. D’énormes tableaux couvrent tous les murs y compris les plafonds. Magnifique. Ce peintre en particulier, Henri Martin, possède une touche impressionniste lumineuse. Il a reproduit une scène où hommes et femmes font les foins. Je suis restée devant pendant de longues minutes, admirant la façon dont il avait recréé le mouvement des fourches et de l’herbe se soulevant. Étonnant à quel point j’avais l’impression de voir les corps bouger. Je suis rarement captivée par la peinture, mais ici, c’était comme si je faisais moi-même partie du paysage. Le tableau, énorme, couvrait peut-être une surface de... je ne sais pas, 12 x 4 mètres? Et cet autre peintre, Paul Gervais. Très beau. Mais il représente toutes les femmes nues et les hommes habillés. Eh bien, ce n’est pas juste.

Salle des Illustre - Peintre: Henri Martin

Salle des Illustres
Ah! Ces villes françaises où les rues tournoient...! À moins de connaître la ville, impossible de se retrouver sans carte. Les rues se croisent, se recroisent. Vous avez beau avoir le sens de l’orientation, il n’y a rien de nord sud est ouest ici. Ça m’a pris quelques minutes pour me replacer dans le droit chemin: direction Église du Taur. Fermée. Maudit. Plus loin, une tour... Bingo! La Basilique St-Sernin. Construite au début du 12ème siècle, très longue, mais étroite, elle possède de petites fenêtres hautes sans vitraux qui lui confère une atmosphère un peu sombre. Par contre, une très grande fenêtre ronde prend place à l’arrière de l’église et lorsque le soleil est haut, il plombe directement à l’intérieur. Là, tout s’illumine. Dans les bas-côtés, des sculptures très réalistes de différents saints et martyres avec leurs biographies. Je me suis assise dans la nef, mais il y avait tellement de monde qui parlait fort, trop bruyant. Difficile d'apprécier. De toute façon, j'avais faim. 

Après avoir pris un plat de pâtes pour emporter chez Mezzo di Pasta, j’ai marché jusqu’à la Place St-Pierre pour pouvoir longer le bord de la Garonne. Avant de descendre sur la berge, j’ai croisé le bar «Chez Tonton, Pastis Ô Maître ». J‘adore. Pour un dimanche soir, la gent masculine, bruyante et excitée, y était fort présente. Sa petite sœur à côté, « La couleur de la culotte », mettait en vedette le même genre de spécimen. L’ambiance était au rire et à la fiesta...! J’avais envie d’aller y prendre un verre, mais le soleil déclinait et j’avais encore quelques kilomètres à faire avant de me rendre à l’hôtel. Dommage. 

Je suis remontée sur la rue La Daurade pour y visiter l’église du même nom. Une église vide... rare et appréciable. Je m’y suis posée pour me reposer un moment et penser. Tranquille. Méditer. Sur le chemin du retour, j’ai croisé la Cathédrale St-Etienne, mais elle était fermée elle aussi.

Par un petit détour, j’ai trouvé une épicerie ouverte! Il faut savoir que tout est fermé en France les dimanches (en Europe en général?), à part les bars et les restos. J’ai hésité avant de prendre une bouteille de vin. Pour sûr, il allait y avoir du gaspillage parce que je n’allais pas la boire en entier... Tant pis, j’en avais envie! Un Bordeaux (qui s‘est révélé très bon!) à 4 Euros, on ne rechigne pas.

Deux gars début vingtaine style squeegee avec leur chien m’ont accostée. « Mademoiselle, z’avez pas un peu de monnaie? » « Désolée, j’ai déjà donné à quelqu’un là-bas! ». C’était vrai. « Pas de problème! ...un câlin alors? » Il a ouvert grand les bras avec un énorme sourire, n’y croyant pas vraiment. Je me suis arrêtée en souriant et secouant la tête en même temps. « Un câlin? » Ah la la... J’ai ouvert les bras à mon tour et me suis dirigée vers lui. Je vous jure, je pense qu’il n’aurait pas été aussi heureux si je lui avais donné 20$. J’avais l’impression d’être le Père Noël. Les yeux ronds, son sourire s’est de nouveau agrandit:  « Ah putain... J’y crois pas! » Je l’ai serré dans mes bras, ça été très court, peut-être 4-5 secondes. « C’est trop gentil, ça, woah... » J’ai fait sa journée. La mienne aussi, ça m’a fait plaisir de le voir aussi content pour une simple accolade.

Finalement, je suis allée me chercher une pizza, cuite au four. Dé-li-cieuse. Tomates fraîches, épaule (c’est de la viande, mais je sais toujours pas vraiment ce que c’est... comme une genre de grosse tranche de bacon, mais rond), mozzarella, olives, champignons. Mmmmmm... Accompagnée du Bordeaux, j’ai mangé dans ma chambre, assise à la petite table bistro. Un peu de télé pour m’endormir (sur France 1, j’ai visionné distraitement « Coco » puis... « Spiderman », tout en feuilletant des magazines).

Dodo à minuit et demi... Et... oui, non, oui...? Non. Pas réussi à faire la nuit. Comme ça arrive 9 fois sur 10. J’ai dormi d’un coup de minuit et demi à deux heures et demi et c’est tout. Fatiguée! Mais incapable de fermer l’œil. À six heure, n’y tenant plus, je suis allée prendre une douche. J’ai ramassé tout mon bardas et je me suis consolée en allant déjeuner dans le lobby. Des œufs, toutes sortes de pain, du jambon, tout plein de fromages, des confitures, des gâteaux, des jus frais, yogourt, du café, thé, charcuterie, miam miam miam!

Merci merci merci, j’ai dormi tout le long du vol du retour (je ne travaillais pas, bien sûr).

Dans moins d’une semaine, je pars en vacances pour un mois! Allemagne! D’ici là, je rush pour boucler mes valises et vider ma chambre pour le switch de colocs.

À bientôt, Toulouse!

19.4.11

Toronto :: Opto, sacoche et autres nouvelles anodines...

La bonne nouvelle, c’est que j’ai recommencé à écrire. Pas juste ici pour le blogue, mais pour moi. Des histoires. Enfin. Ça faisait longtemps. J’avais besoin d’un break. Un an de break aura été suffisant. La pulsion est revenue. La deuxième bonne nouvelle: j’ai du temps. J’en ai rêvé. Avoir des sous + avoir du temps = miraculeux. Je suis chanceuse. Et reconnaissante.

Quartier Kensington

J’ai beaucoup marché dans la ville cette semaine. Kensington Market et ses boutiques vintage bric à brac. On y trouve des trésors à petits prix, c’est fou! J’ai usé de mon charmant accent francophone pour « barginner » un chapeau et j’ai eu droit à 10$ de rabais, c’est pas rien. Le vendeur me l’a même ajusté sur la tête en l’inclinant sur un de mes yeux: « For a beautiful woman like you, I would say 20$ instead of 30. Deal? » Deal. Et flattée. Dommage que les souliers vintage soient de petites pointures. J’en ai essayé une paire pour 20$ made in Italy (écrit en anglais, bizarre?), mais il aurait fallu que j’aille faire poser un nouveau talon. Je regrette aujourd’hui de ne pas les avoir achetés. Le lendemain je suis allée dans Distillery District dans le bas de la ville. Le cœur de Toronto, un des premiers quartiers aujourd’hui touristique. Ils ont commencé à y construire des condos dans les vieux bâtiments de brique et de pierre. Magnifique. Les marchands d’art, de vêtements griffés et de bijoux ont pris possession des anciennes distilleries. Quelques restaurants et bars. Je voulais acheter une bague d’un créateur local, mais je n’ai rien trouvé à mon goût. Je voulais... je ne sais pas. Symboliser mon arrivée à Toronto. Ahah! À chaque fois que j’ai vécu un moment important dans ma vie, je me suis achetée une bague. Pour cette raison j’aime me promener au Salon des Métiers d’Art dans le temps des Fêtes ou encore au Marché Bonsecours. J’ai beaucoup marché dans le centre-ville et oui, mesdames et messieurs, je me suis enfin achetée une sacoche. Au plus grand bonheur de mes amies ici qui n’en pouvaient plus de me voir sortir avec mon sac de voyage élimé Osprey. I have to say ladies: you were right. Trois jours de magasinage plus tard et plusieurs aller-retours dans les mêmes magasins m’auront fait choisir une création québécoise Matt & Nat, intérieur 100% recyclé de bouteilles de plastique et extérieur fait de cuir végétalien. Pfff, on rit pus.



Un monsieur parle au téléphone à côté de moi et je viens de l’entendre dire: « Well it’s freezing cold outside ». Il fait 7 degrés. « No money no funny so bring your ass here and buy me a coffee. » Ok...

La semaine dernière j’ai découvert un restaurant sympathique dans le quartier The Annex, sur Bloor Street entre Spadina et Bathurst. By the Way Cafe, cuisine méditerranéenne, très bon, plats relevés, saveurs goûteuses. On se rend compte que tout le monde ici comprend le français. Peut-être pas tout ce qu'on dit, mais les gens savent qu’on parlent français et arrivent à saisir pas mal plus de phrases qu'on pense. Be aware si vous voulez dire des niaiseries dans le dos d'un anglais, haha! Il faut savoir que comme au Québec pour l'anglais, les Ontariens ont des cours de français à l’école. Notre serveur par exemple s’est mis à nous parler en français tout du long quand il a compris qu’on était francophones. « Du poivre? » Souvent c’est rigolo parce qu’on essaie tous d’être courtois. On répond en anglais, ils nous parlent en français.  Quoique très gentil, ce monsieur nous a rappelé à au moins trois reprises que la cuisine fermait à 21h. Il était 20h30 quand on est entré. Cependant, il ne voulait qu'on qu'on parte. À 22h, il ne restait que nous dans le resto. Quand il nous a demandé d'un ton poli, mais peu convaincu si on voulait un dessert, je n’ai pas osé dire oui... Une prochaine fois!

Je suis aussi allée chez l’optométriste pour un examen à 180$. Ouch! J’ai vu l’intérieur de mes yeux, fascinée, puisqu’ils ont fait un scan de ma rétine pour voir les couches intérieures.  C’était un coût supplémentaire alors je n'en avais pas tellement envie. L’ophtalmo se devait de me dire qu’elle me recommandait vivement de les prendre. Il semble qu’il n’y ait pas de sensation à cet endroit de l’œil et que si on a une maladie (tumeur, perte de vision, etc.), on ne le ressent pas jusqu’à ce que des manifestations graves apparaissent et qu’il ne soit trop tard. Comment refuser maintenant? Maudit.

Hier on est sorti dans un bar minuscule où le propriétaire, un monsieur de peut-être 60 ans, connaît la plupart de ses clients et les accueille par une accolade. Ambiance pour parler, comme un gros party de famille, beaucoup d’étudiants dans la 20ène. Les mardis, c’est la soirée vinyle. Après chaque côté d'un disque, le proprio nous fait participer à un "débat" à savoir si on continue à écouter le « B Side » ou si on passe au suivant. Les gens argumentent dans une ambiance bon enfant et tout le monde vote à main levée. Hier, on a eu droit à un perpétuel dilemme entre... Louis Jordan et Ministry. Éclectique.

J’ai vu le film « Biutiful » de Iñárritu. Dark. Ça m’a mise un peu down. Rien pour arranger les choses: j’ai décidé d’aller voir « Incendies » ce soir. Demain: Billy Elliot. Je t’en donne des nouvelles cher Nathan! ;-)

High Park

High Park


12.4.11

Toronto

Toronto. C'est moins exotique. On dirait que ce ne n'est pas crédible d'écrire un blog sur Toronto.    Vancouver = voyage. Toronto = ah. Vancouver, c'est partir. Toronto, c'est à côté. C'est vrai. Même si je ne suis plus au Québec, la côte est c'est la côte est. Toronto est différente de Montréal, mais y ressemble beaucoup plus que Vancouver. Je ne suis pas dépaysée. Mais je connais moins de monde. À Vancouver, ça me prenait plus de ressources. Ici, je suis chez le voisin. La rue Queen est mon amie. Les métros sont lents. Le transport en commun est cher: 121$ pour une passe de mois. Les tramways font bonne figure et passent très souvent. En plus, ils sont design avec leur air rétro.

Centre-ville de Toronto

Toronto, je pense, est plus chère que Vancouver. Les loyers le sont. Le panier d'épicerie est un peu plus abordable. Une pinte de lait à 6$. Une petite boîte de Cheerios à 10$. Mais mais mais. J'ai un Loblaws au coin de la rue. Des bananes à 89 cents la livre! Miraculeux. Deux laitues romaine pour 1$. Je tombe sur le cul. Et la LCBO! Pas conséquent. Moins cher que la SAQ. Un rendez-vous chez l'opto? Entre 85$ et 125$. Tout plein de bons restos. Mon amie Véro ne jure que par les bottes que portent les filles torontoises. C'est vrai, elles ont toutes des bottes magnifiques aux pieds. Je ne sais pas pourquoi, mais Toronto a son lot de boutiques de souliers qui se démarque de Montréal. Tant mieux! Aimé: Kensington Market. Distillery District. La tour du CN. Woah, la touriste. Non, quand même pas la tour. Ahah! Je n'y suis pas allée. Même en voyage je ne visite jamais ce qui est recommandé aux touristes de voir. Je n'ai même pas vu la Statue de la Liberté quand je suis allée à New York ni n'ai monté dans l'Empire State Building. Je marche au gré du hasard. J'ai mal aux pieds d'avoir trop marché. Comme mon déménagement a été repoussé d'un mois à cause d'un tout petit imprévu, c'est à dire celui de ne pas avoir trouvé de logement pour avril, mais plutôt pour mai, je n'ai avec moi qu'une valise contenant des effets pour une semaine d'attente. J'ai donc mes bottes de marche en cuir aux pieds, mais avec le temps qui se réchauffe, elles ne sont plus adéquates. Vancouver les a aimé ces bottes, mais Toronto se contenterait de mes Converse qui sont dans un garage du Québec en ce moment, attendant leur voyage jusqu'à High Park dans trois semaines. Je n'ai pas encore mangé chez Terroni, mais ça viendra!



Je prévois aller voir le musical « Billy Elliot » cette semaine. J'ai hâte que ma vie s'enracine et prenne un beat. J'ai hâte de ramifier ma vie sociale dans cette ville où je suis étrangère. Je l'ai vécu il y a quelques mois. Ça va plus vite qu'on pense. Je ne pensais pas quitter Vancouver si rapidement. Je l'ai fait pour que ma vie prenne une autre tournure. Vancouver la belle m'aura donné le cadeau d'amitiés précieuses, si chères et propices à l'intensité du voyage. Cheers everyone!